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Nous proposons ici des extraits d'ouvrages, nous n'en faisons aucun commentaire... Ils sont proposés pour vous donner un aperçu de notre "fond" duquel a émergé notre projet,et nous vous recommandons l'ouvrage original.

Michel Maxime EGGER "soigner  l'esprit, guérir la terre" introduction à l'écopsychologie. edition LABOR ET FIDES    

                                                   L'écopsychologie

Dans son ouvrage "soigner  l'esprit, guérir la terre" introduction à l'écopsychologie, Michel Maxime EGGER nous fait découvrir l'écopsychologie anglophone, dont les apports substantiels restent peu connus dans le domaine francophone.

Dans cet ouvrage page 139 il nous dit (je cite):

"L'une des premières tâches des écopsychologues va être de revisiter la conception de la nature et de la       place de l'être humain en son sein, en sortant du réductionnisme matérialiste, dualiste et anthropocentrique qui a marqué tout un pan de la tradition psychologique, dans le sillage de Freud. Ils se nourrissent pour cela de plusieurs courants de pensées qui mettent en cause le paradigme de la modernité occidentale, en particulier la théorie des systèmes, l'écologie profonde et la Gestalt. Avec Jung et la psychologie transpersonnelle, la Gestalt est sans doute le courant psychothérapeutique le plus inspirant pour les écopsychologues. Pour ROSZAK, "seule l'école de la Gestalt a introduit un contexte plus large, plus pleinement biologique, pour la thérapie. Elle cherche à unir la personne avec le terrain, l'organisme avec l'environnement. C'est la seule école qui utilise le concept d'écologie dans ses théories." (Théodore ROSZAK, The Voice of the Earth, p.304.) Axée sur les interdépendances, reposant sur l'expérience corporelle et émotionnelle du sujet resitué dans son champ relationnel et invité à se percevoir au-delà ou en deçà des coupures habituelles entre "je" et les autres, la Gestalt correspond bien à la métaphore de la toile de la vie."

Ce que vise l'écopsychologie, selon ROSZAK :

J'ai créé ce terme non pas avec l'intention de lancer une nouvelle école de psychologie, mais plutôt avec l'espoir que les relations environnementales deviendraient une composante de chaque orientation thérapeutique, au même titre que les relations familiales.

(Theodore ROSZAK, "A Psyche as big as the Earth", in: Ecotherapy, Linda BUZZELL et Craig CHALQUIST (ed.), San Francisco, Sierra Club Books, 2009, p.34.

 

L'écopsychologie élargit le spectre de la psychothérapie en ajoutant, d'une certaine manière, un quatrième cercle à l'identité de l'individu. (Michel Maxime EGGER "soigner  l'esprit, guérir la terre" introduction à l'écopsychologie,2015, p.19.) 

 

Ce cercle axé sur la recherche de solutions holistiques, vise à redéfinir la santé et donc à comprendre la personne dans le contexte élargi de la relation au monde naturel, autre qu'humain. 

L'enjeu est de sortir du double dualisme nature/humain et extérieur/intérieur pour développer une conscience de l'unité du réel. Deux éléments de réflexion des écopsychologues sont ici particulièrement importants.

 

D'une part, la discontinuité entre le moi et le monde est, selon l'animateur de retraites dans la nature sauvage Robert Greenway, une « terrible illusion » (Robert GREENWAY, «The Ecopsychology Interview », Ecopsychology, vol. I, n° 1, March 2009, p. 49.). Contrairement à ce que laisse accroire la notion d'« environnement », la nature n'est pas au-dehors de nous. L'intérieur et l'extérieur sont les deux pôles indissociables de l'être dans le monde. Le moi n'existe pas en soi, indépendamment du monde qui seul lui permet de se connaître: «L'existence humaine est un réseau de relations, écrit le psychothérapeute Andy Fisher. Notre être n'est pas enfermé à l'intérieur de nous, il se diffuse à travers la toile des interactions avec le monde dans lequel notre existence se déploie continuellement. » (Andy Fisiira, Radical Ecopsychology, Albany, SUNY Press, 2012, P. 11.) En ce sens, il existe entre l'être humain et la nature un lien essentiel, non seulement biologique, mais émotionnel et plus encore ontologique. Nous sommes une composante de la Terre, laquelle est partie intégrante de notre être. La nature est le prolongement de notre corps et de notre psyché. Si nous nous en séparons, nous mourons. Si nous la dégradons, nous détériorons notre être individuel et collectif.

 

D'autre part, la nature et les créatures qui la composent ont aussi une âme, une intériorité, une profondeur que nous sommes appelés à comprendre. A force de valoriser l'humain et de limiter la réalité de l'âme à sa seule personne, la civilisation occidentale a dés-animé le monde. Or, l'être humain n'est pas le seul à avoir une psyché et celle-ci n'est pas enclose dans les frontières de son corps. Pour les écopsychologues, l'être humain et les êtres autres qu'humains participent de la même et unique âme du monde (anima mundi). Celle-ci constitue une présence cachée qui les anime et les relie. Cette vision permet à Fisher d'affirmer que l'homme et la femme ne deviennent pleinement humains que Iorsqu'ils sont des «serviteurs de la nature, des membres à part entière de la communauté de la vie tout entière» (Andy FISHER, Radical Ecopsychology, p. 193.)

(Michel Maxime EGGER "soigner  l'esprit, guérir la terre" introduction à l'écopsychologie,2015, p.20.21.22.)