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Nous proposons ici des extraits d'ouvrages, nous n'en faisons aucun commentaire... Ils sont proposés pour vous donner un aperçu de notre "fond" duquel a émergé notre projet,et nous vous recommandons l'ouvrage original.

LE TAO DU CHEVAL    Linda KOHANOV       Edition RONAN DENNiEL    

                                                   Le Tao du Cheval

pages 13-14

Est-ce que les chevaux font des choix? Possèdent-ils une volonté propre?

Comment font-ils pour connaître ce que les personnes pensent et ressentent?

Possèdent-ils des qualités psychiques ou savent-ils lire le langage corporel de leur entourage, à un niveau très raffiné?

Les chevaux sont-ils des êtres spirituels qui possèdent une destinée qui leur est propre?

Si c'est le cas, de quelle manière cette destinée est-elle interconnectée avec le futur de l'humanité, en particulier actuellement, alors que les machines ont remplacé la plupart des fonctions que ces animaux exécutaient auparavant?

À quoi ressemble l'histoire de la civilisation du point de vue des chevaux?

Quelle est la différence entre le mental équin et le mental humain? Quels aspects du comportement équin nous serait-il bénéfique d'adopter?

Qu'ont en commun tous les grands cavaliers, au-delà de leur manière de monter ou leur nationalité?

Pourquoi les femmes sont-elles tant attirées par les chevaux?

 

Ce sont quelques-unes des questions auxquelles le livre Le Tao du Cheval tente d'apporter des réponses. C'est parce que les activités équestres ont longtemps été associées avec la conquête, la noblesse et la compétition, que la plus grande part de la sagesse naturelle des chevaux est restée dans l'ombre. Ces êtres sensibles et non-prédateurs répondent au monde avec des manières qui sont traditionnellement associées aux valeurs féminines; cependant, de nombreux propriétaires amateurs de chevaux, et un nombre surprenant d'entraîneurs professionnels ont des difficultés à saisir les facettes les plus subtiles du comportement équin.

 

Pages 142-143

Alors que la pratique de l'équithérapie pour les personnes handicapées existe depuis plus de cinquante ans, le domaine de la psychothérapie assistée par les chevaux n'a pas obtenu de reconnaissance officielle avant que l'Association pour la Santé Mentale Facilitée par les Chevaux (Equine Facilitated Mental Health Association, ou EFMHA) créée au milieu des années 1990 n'existe en tant que section spéciale de l'Association Nord Américaine d'Équitation pour les Handicapés (North American Riding for the Handicapped Association, ou NARHA). Dans tout le pays, des structures pour l'équithérapie ont utilisé très rapidement le potentiel des chevaux pour faciliter le traitement de problèmes psychologiques et pourtant les praticiens et le personnel qui s'occupaient des chevaux n'arrivaient pas à décrire pourquoi tout cela fonctionnait si bien. La multitude de paramètres et de principes impliqués se combinait pour créer un puissant catalyseur au changement qu'il était plus facile de vivre que d'expliquer par des mots.

Lorsque je dis aux gens que je suis spécialiste en psychologie de l'apprentissage facilité par les chevaux, la plupart d'entre eux pensent que je corrige les problèmes comportementaux des chevaux. Lorsque j'explique que c'est l'inverse, que j'emploie des chevaux pour aider des personnes à explorer leurs propres problèmes émotionnels ou comportementaux, même des cavaliers expérimentés ont quelquefois du mal à imaginer comment ce processus fonctionne.

Comme pour la plupart des méthodes de psychothérapies, le fait de développer une pratique faisant participer des chevaux est autant un art qu'une science. S'adapter aux besoins et aux compréhensions sans cesse changeants des chevaux et des humains requiert une approche bien structurée et cependant improvisée où les activités équestres habituelles et les techniques thérapeutiques se bonifient et se modifient mutuellement au cours de cette collaboration complexe entre deux espèces.

 

Pages 312- 319

Des thérapeutes et des chercheurs comme McLaren ou Daniel Goleman, auteur du livre, L'Intelligence émotionnelle, offrent un défi à l'importance accordée à l'esprit rationnel pendant des siècles dans notre culture. « La connexion entre l'amygdale cérébelleuse, avec les structures limbiques qui lui sont liées, et le néocortex constitue le pivot des traités, de guerre ou de coopération, passés entre la tête et le coeur, la pensée et le sentiment, écrit Goleman. Ces circuits expliquent pourquoi l'émotion est si essentielle à la pensée efficace, à la fois pour prendre la bonne décision et aussi tout simplement pour nous permettre de penser clairement. » Alors qu'une émotion forte peut éviter le néocortex, l'absence d'émotion peut aussi entraver une pensée plus élevée. Le docteur Antonio Damasio, neurologue et professeur d'université, a étudié des patients souffrant d'une altération au niveau du circuit préfrontal cortex-amygdale. Bien que ces personnes ne montrent aucune atteinte au niveau de leur Q.I. ou de leurs capacités cognitives, « elles font des choix désastreux tant dans leur vie professionnelle que dans leur vie privée, explique Goleman, et elles peuvent devenir complètement obsédées par une décision aussi simple qu'une prise de rendez-vous. Le docteur Damasio soutient que leurs décisions sont catastrophiques parce que ces personnes n'ont plus accès à leur apprentissage émotionnel... De telles évidences ont conduit le docteur Damasio à une position qui n'a rien d'intuitif: les ressentis sont habituellement indispensables aux décisions rationnelles; ils nous orientent dans la bonne direction, là où la logique pure pourra être utilisée au mieux... Normalement, la complémentarité du système limbique et du néocortex, de l'amygdale et des lobes frontaux, montre que chacun d'eux est indispensable à la vie mentale. Lorsque ces partenaires interagissent convenablement, l'intelligence émotionnelle s'accroît, tout comme les capacités intellectuelles. Ceci chamboule la vieille bataille qui existait entre la raison et le sentiment: il ne s'agit pas de se débarrasser de l'émotion pour la remplacer par la raison, comme le faisait Erasme, mais plutôt de trouver un équilibre intelligent entre les deux. L'ancien paradigme tenait à un idéal de raison libre de toute influence de l'émotion. Le nouveau paradigme nous invite à harmoniser la tête et le coeur. Bien accomplir cela dans notre vie implique que nous devons d'abord comprendre plus précisément ce que signifie le fait d'utiliser l'émotion avec intelligence., »

Dans ce but, Goleman cite une définition de l'intelligence émotionnelle développée par Peter Salovey, psychologue à l'Université de Yale, qui divise les capacités de base en cinq domaines. S'il existe un domaine où les chevaux excellent en tant que thérapeutes, il s'agit bien du renforcement et de l'accroissement de la conscience de l'intelligence émotionnelle dans tous les niveaux détaillés ci-après.

LA CONNAISSANCE DE SES PROPRES ÉMOTIONS

Goleman décrit cette connaissance comme étant la clé de l'intelligence émotionnelle. Il souligne que l'incapacité à prendre en compte nos véritables ressentis nous laisse à leur merci. Les personnes qui sont sûres d'elles en ce qui concerne leurs ressentis conduisent mieux leur vie. Dans mon travail auprès des personnes ayant eu un choc traumatique, qu'elles soient chefs d'entreprise, adolescents en difficulté, parents, ou même psychologues expérimentés, je peux dire que c'est cette méconnaissance qui a été le plus grand obstacle à accéder à une vie professionnelle et personnelle équilibrée. La mentalité 'post-conquête qui réprime les émotions authentiques en faveur de pensées et de comportements encouragés socialement fait disparaître la conscience de soi émotionnelle. Ceux qui parviennent à conserver cette capacité malgré le conditionnement culturel sont à l'avant-garde, mais des chercheurs comme Salovey, Goleman, McLaren ou Howard Gardner, psychologue à Harvard, travaillent à changer le système. En fait, Gardner a mis au point un programme scolaire destiné à améliorer l'intelligence émotionnelle et à élargir la définition de l'intelligence en général dans le monde de l'éducation. « Le temps est venu, a-t-il confié à Goleman, d'élargir notre conception de l'éventail des talents. La contribution majeure que l'éducation puisse apporter au développement de -l'enfant consiste à l'aider à s'orienter vers un domaine où ses talents s'exprimeront au mieux pour lui, où il sera satisfait et compétent. Nous avons complètement perdu cela de vue. » Comme Liz l'illustrait, les conséquences de cet oubli grossier peuvent être graves. La dépression, la dépendance aux drogues et le traumatisme psychique résultent du fait qu'elle n'avait reçu aucun soutien de la part de sa famille pour vivre ses ressentis et développer ses talents. Pour cette raison, les programmes de prévention des drogues doivent tenir compte de l'intelligence émotionnelle, pas seulement à l'école mais dans la société en général. Les adolescents ne peuvent pas « dire simplement non » à la cocaïne, à la marijuana, à l'ecstasy ou aux cristaux de meth s'ils essayent de contrôler leurs émotions avec ces substances, et si, en plus, leurs parents et professeurs ne désirent pas reconnaître ces émotions et encore moins les aider dans leur évolution.

LA GESTION DE SES ÉMOTIONS

Il est impossible pour toute personne, quel que soit son âge, de s'occuper convenablement de ses ressentis si elle ne sait pas ce qu'elle ressent. La psychothérapie facilitée par les chevaux travaille sur ces deux problèmes. L'histoire de Joy donne une illustration impressionnante de la manière dont les chevaux réagissent et font resurgir des émotions voilées dont même les thérapeutes les plus expérimentés n'ont pas conscience. Ces animaux font des ajustements instantanés aux changements —positifs ou négatifs qui surviennent dans le comportement et le degré de stimulation du cavalier, offrant ainsi à ces personnes des récompenses et des conséquences bénéfiques, non seulement concernant leurs actions mais aussi leur capacité à s'ouvrir à leurs véritables ressentis et à s'y ajuster. Les gens ont l'habitude de juger les autres personnes comme bonnes ou mauvaises sur la base de quelques expériences isolées, d'après leurs propres préjudices ou projections et les opinions de leurs proches. Une fois que cette impression est établie, le mental humain devient de plus en plus aveugle à ce qui survient au moment présent. Ceci explique comment' une femme ayant les yeux au beurre noir et une côte cassée insiste pour affirmer que son mari l'aime vraiment alors qu'elle ne cesse d'essuyer ses explosions de colère, ou bien une jeune personne dépendante de la drogue ignore l'évidence de sa propre sensibilité et de son intelligence pour soutenir les croyances de ses parents qui affirment qu'elle est la brebis galeuse de la famille. Lorsqu'une telle personne transforme et améliore son comportement, elle rencontre les résistances de son conjoint, de ses parents et de ses amis qui trouvent inconfortable de changer les croyances bien définies qu'ils lui portent et de dépasser les manières obsolètes de communiquer avec elle. Cependant, lorsque cette même femme effectue un changement positif en présence d'un cheval, immédiatement celui-ci y répond de manière positive, tout en continuant à lui rappeler ses moments de dissociation, de colère inappropriée, d'état émotionnel incohérent, parmi une variété de stratégies complexes de défense émotionnelle. C'est ainsi que la thérapie assistée par des chevaux utilise une sorte de biofeedback pour pratiquer la conscience de soi, la gestion de ses émotions et les outils relationnels que des jeux de rôles ou des discussions en groupe ne permettent pas vraiment d'explorer.

LA MOTIVATION PERSONNELLE

« Rassembler ses émotions vers un but est essentiel pour l'attention, la motivation personnelle, la maîtrise et la créativité, fait observer Goleman. Le contrôle émotionnel, écartant le besoin- de gratification et retenant l'impulsivité, est à la base de la réussite, quelle qu'elle soit. » Lorsque Joy apprenait à mener Rasa à la longe par la volonté et la concentration, elle exerçait ces capacités pour agir à distance sur une créature de cinq cents kilos. Elle devait dépasser sa peur et son sentiment d'incapacité. Elle devait faire appel au sentiment d'assurance pour gagner le respect et la coopération de la jument. Elle devait moduler l'énergie qu'elle projetait pour garder Rasa au trot et la diminuer lorsque son enthousiasme la mettait par mégarde au petit galop. Dans cette écurie, Joy a compris combien il était difficile d'analyser toutes les informations que ses sens recevaient tout en se concentrant sur la tâche à effectuer, ne serait-ce que pour faire accomplir une figure de huit au trot. Garder Noche à une vitesse stable demande un niveau sophistiqué de conscience socio-sensuelle, d'assurance et de contrôle de soi. Lorsque Noche accélérait, Joy devait tirer sur les rênes juste assez pour le faire ralentir sans lui donner le signal d'arrêt. Chaque fois qu'il essayait de se mettre au pas, elle devait sentir son intention et lui donner un petit coup de talon pour qu'il continue son allure sans pour autant le pousser au petit galop par inadvertance. Comme si cela ne suffisait pas, elle devait aussi garder à l'esprit où elle allait. À La seconde où elle perdait la concentration sur son but, Noche prenait le dessus et trottait vers la porte de sortie. En maîtrisant cet ensemble complexe de compétences, Joy s'occupait des ressentis de frustration, de confusion, de peur et même de colère alors qu'elle découvrait qu'il était vraiment possible de garder son esprit réactif aux plus petits changements dans le corps de Noche - ou dans le sien, tout en visualisant le résultat désiré et en exerçant sa volonté pour amener Noche vers cet objectif à chaque pas.

RECONNAÎTRE LES ÉMOTIONS CHEZ LES AUTRES

Goleman définit l'empathie comme « le savoir-faire populaire fondamental ». Cependant, la capacité à discriminer les sentiments et les intentions d'une autre personne est souvent biaisée par une dépendance excessive au verbal. Wolverton, qui était maître dans les tactiques de « miroir aux alouettes » de l'idéalisme logique, pouvait hypnotiser ses employés en évoquant avec malice ses compétences équestres et ses visions humanistes tout en sabotant les personnes de manière non-verbale. Lorsque je me centrais sur son niveau émotionnel non-exprimé et sur son langage corporel, je pouvais esquiver ses tentatives à faire ressortir la frustration et l'insécurité chez moi en m'appuyant sur la sensibilité non-verbale que je développais en travaillant avec les che'vaux. Bien que j'aie appris, depuis lors, à enseigner ces compétences aux autres, j'ai utilisé les chevaux pour aider les psychologues à mieux comprendre leurs clients lorsque ceux-ci ne s'exprimaient pas assez pour suggérer quels pouvaient être leurs problèmes. Janice, une étudiante dont les parents se souciaient de son manque de communication et de motivation, avait été adressée à Clarissa, une thérapeute qui avait beaucoup de difficultés à aider cette jeune fille à sortir de sa coquille. Cependant, lorsque Clarissa amena Janice au Ranch, nous avons été surprises de voir que cette jeune femme possédait un certain leadership plein de grâce et de sensibilité lorsqu'elle menait Noche à la longe, et ceci avec une habileté supérieure à celle de mes élèves les plus expérimentés. Le problème n'était pas le manque d'assurance et de motivation en lui-même, mais il était davantage lié à sa position de cadette derrière trois garçons. Janice avait l'habitude de laisser les autres agir à sa place. Tout ce qu'elle avait à faire, c'était d'attendre suffisamment longtemps que sa mère ou ses frères s'impatientent et prennent les choses en main. La famille de Janice n'était pas vraiment consciente de ce dynamisme et il aurait peut-être fallu des mois à la psychologue pour sentir où se situait le problème même si Janice avait été capable de parler de ses ressentis. Le moment décisif fut lorsque Clarisse put voir de quelle manière Janice réagissait aux nombreuses activités au cours desquelles le cheval pouvait refléter son état émotionnel inconscient ainsi que ses talents encore inexploités. Utiliser un cheval en tant que maître empathique permet d'effectuer un raccourci vers les problèmes cachés et les ressentis trop subtils, même pour une psychologue aussi accomplie que Clarissa.

MAÎTRISER L'ART DES RELATIONS

« L'art des relations, écrit Goleman, se résume à. gérer les émotions chez les autres. » Cette capacité à lire les signes relationnels subtils et à rassurer les autres en période de crise peut être cruciale pour réussir dans les affaires ou dans 'la vie familiale, en particulier pour les personnes qui exercent une profession de santé. Dans son programme audio, Le Génie émotionnel, Karla McLaren caractérise une personne douée de telles capacités comme quelqu'un qui demeure courtois et plein de compassion sous la pression, qui accueille les épreuves imprévisibles de la vie avec ouverture et vaillance, qui comprend que toutes les émotions, même les plus noires, ont le pouvoir de protéger et d'informer, et dont la seule présence apaisante peut transformer les humeurs volages des personnes environnantes. Ce sont ces mêmes capacités que les chevaux enseignent, avec célérité et agilité, au cours des programmes Epona. Une de mes élèves, cadre supérieur, est venue participer à l'un de nos ateliers réservés aux femmes bien qu'elle n'ait eu aucune expérience avec les chevaux auparavant. Après deux séances, elle a pu transférer les techniques qu'elle avait apprises pour calmer les chevaux indisciplinés ou terrorisés à ses réunions d'affaires délicates. Après avoir défini les limites convenables et contrôlé le niveau d'excitation du cheval, elle est parvenue à traiter de manière constructive avec un programmeur en informatique dont le QI était supérieur à la moyenne, mais qui avait malgré tout des relations humaines déplorables.

« Certaines personnes avec lesquelles je travaille peuvent être assez agressives et immatures émotionnellement, t explique-t-elle. Au lieu d'engager une lutte, j'utilise ces  techniques d'enracinement pour me recentrer dans un  espace où je ressens la force et le calme. Je suis surprise de voir à quel point cela m'aide, et je suis encore plus surprise de voir combien le calme peut être contagieux. »

En tant qu'animal social, le cheval comprend la complexité de créer et d'entretenir des relations. Il répond aux mêmes signaux non-verbaux de dominance, de soumission et de coopération que ceux utilisés chez les humains. Par une série d'activités équestres adaptées, les participants aux programmes Epona augmentent leurs facultés à établir des limites souples et à diriger ces animaux puissants grâce à la concentration mentale, à la cohérence émotionnelle, à la visualisation créatrice et à la clarté des intentions. Les élèves explorent des techniques d'assertivité et des modèles de relations basées sur la coopération qui illustrent les manières de tenir les rênes dans chaque situation sans tomber dans les pièges de la domination, de l'aliénation, de l'intimidation ou de la victimisation. Ils expérimentent le processus de création d'un contact vivant et émotionnellement présent qui favorise un sentiment de coopération aisée guidé par des signaux extrêmement subtils. Lorsque ce contact s'affaiblit ou se rompt, les élèves prennent alors conscience de toutes les ressources dont ils ont besoin pour contraindre, retenir et obtenir à peu près les mêmes résultats, mais au prix de beaucoup plus d'efforts et de risques.

 

Pages 371- 372

Dans ce sens, Noche est devenu l'une des stars les plus inattendues de l'équipe de thérapie du centre Epona. Lorsque j'ai commencé à accueillir des clients au ranch, j'ai essayé de protéger le mustang des personnes vivant des émotions fortes, limitant ses interventions à des leçons d'équitation pour débutants auprès de mes élèves les plus stables. Toutefois, l'interaction entre Joy et Noche m'a fait changer d'opinion sur ses capacités en tant que cheval pour la thérapie. Cette expérience m'incita à accueillir d'autres chevaux « à problèmes» au sein de la harde d'Epona, parmi lesquels Hawk qui réagissait, au début, au sentiment d'insécurité en devenant agressif. Ainsi, j'ai compris que les activités équestres accomplies avec une visée thérapeutique, et non compétitive, créaient les conditions pour que les chevaux et les personnes agités se guérissent mutuellement. Alors que Noche et Hawk reflétaient les états émotionnels complexes et les stratégies dysfonctionnelles de défense des personnes qui présentaient les cas les plus extrêmes, ils commencèrent à se transformer au fur et à mesure que les clients devenaient plus stables et sûrs d'eux. J'observais des victimes d'actes les plus déstructurants que l'être humain puisse imaginer stimuler des changements comportementaux chez ces animaux que des entraîneurs professionnels n'auraient pu accomplir qu'au prix d'immenses efforts. Les chevaux pouvaient faire les mêmes choses pour les personnes traumatisées. En scrutant le vaste miroir réfléchissant du mental équin, je comprenais que la guérison consistait moins à aider une personne à analyser son enfance  ou à travailler vers un but bien défini qu'à la remettre en contact avec le monde dans une position affirmée et  compatissante, en élargissant ainsi sa conscience afin qu'elle puisse voir à chaque instant les choses telles qu'elles sont. C'est seulement à partir de cette position avantageuse où elle peut vivre pleinement et participer au moment présent que le passé prend un sens et que le futur découvre ses potentialités. …/…

Après avoir créé une alliance stable et solide avec les Ancêtres Chevaux, j'ai compris que le niveau de plénitude nécessaire pour ramener à la santé nombre de mes clients, à deux ou quatre jambes, mettait enjeu des aspects de la nature qui ne pouvaient être vus, entendus ou sentis